Vous envisagez de cloisonner un espace en construction ou rénovation et le terme « cloison SAD » revient régulièrement dans les devis et fiches techniques ? Derrière cet acronyme se cache un système de cloisonnement léger sur ossature métallique, développé par Placo (marque du groupe Saint-Gobain), reconnu pour ses performances acoustiques et sa polyvalence. Que vous soyez dans du logement collectif, de l’individuel ou du tertiaire, la cloison SAD offre des solutions normées et testées pour créer des séparations performantes. Ce guide vous aide à comprendre le fonctionnement de ces systèmes, à choisir la configuration adaptée à vos contraintes et à éviter les pièges lors de la mise en œuvre. Vous saurez ainsi poser les bonnes questions à votre plaquiste et garantir la durabilité de vos cloisons.
Cloison SAD et système Placostil : principes, usages et performances

Avant de vous lancer dans un chantier, il est essentiel de comprendre ce qui distingue une cloison SAD d’une simple cloison sur ossature métallique. Vous verrez qu’il s’agit d’un système complet, normé, avec des performances acoustiques, feu et mécaniques précisément encadrées. Cette partie vous donne les bases pour décrypter les fiches techniques et choisir la solution adaptée à votre projet.
Comment fonctionne une cloison SAD dans un système à ossature métallique ?
Une cloison SAD repose sur une ossature métallique Placostil composée de rails horizontaux (au sol et au plafond) et de montants verticaux en acier galvanisé. Les plaques de plâtre, généralement de type BA13, viennent habiller cette structure de part et d’autre. Entre les deux parements, un isolant acoustique (laine de verre ou laine de roche) améliore l’affaiblissement phonique et parfois thermique de la cloison.
L’efficacité globale du système dépend de plusieurs paramètres précis : l’entraxe entre montants (généralement 60 cm), l’épaisseur et la densité de l’isolant, le type de plaques utilisées (simple ou double parement), et la qualité des fixations. Contrairement à une pose improvisée, un système SAD est validé par des essais en laboratoire qui garantissent des performances mesurées et reproductibles sur chantier, à condition de respecter strictement les consignes du fabricant.
Les principaux types de cloisons SAD et leurs domaines d’application
Les cloisons SAD se déclinent en plusieurs familles pour répondre à des exigences variées. La cloison standard à simple parement convient aux pièces de vie courantes en maison individuelle. En logement collectif ou en bureaux, on privilégie souvent la cloison à double parement qui offre une meilleure résistance aux chocs et un meilleur affaiblissement acoustique.
Pour les établissements recevant du public (ERP) ou les locaux techniques, des configurations renforcées intègrent des plaques spécifiques (plaques feu, plaques à haute dureté) et des isolants incombustibles. Les systèmes haute performance acoustique, avec double ossature ou montants décalés, sont réservés aux studios de musique, salles de cinéma ou chambres mitoyennes en hôtellerie. Chaque variante porte une référence précise dans la documentation Placo, facilitant le repérage et la commande des composants.
Performances acoustiques, feu et mécaniques : quels niveaux attendre réellement ?
Les fiches techniques des systèmes SAD affichent des valeurs d’affaiblissement acoustique (Rw) comprises entre 40 et 70 dB selon la configuration. Un système standard avec plaques BA13 et laine minérale de 45 mm atteint couramment 50 dB, suffisant pour séparer deux chambres en maison individuelle. En revanche, une séparation entre logements exige souvent 53 dB minimum, voire 58 dB en rénovation selon la réglementation acoustique en vigueur.
Côté feu, certaines cloisons SAD bénéficient de classements EI 30 à EI 120 (coupe-feu) grâce à l’emploi de plaques fibrées et d’isolants en laine de roche. Ces performances sont validées par des procès-verbaux d’essai, et toute modification de la composition (changement de plaque, réduction d’épaisseur) annule la validité du classement.
Sur le plan mécanique, la capacité de charge suspendue varie de 15 kg pour une simple cheville classique à plus de 50 kg avec des chevilles métalliques à expansion ou des renforts locaux. Il est crucial de ne pas extrapoler ces valeurs hors des conditions testées, sous peine de dégradation prématurée ou d’effondrement de la fixation.
Choisir une cloison SAD adaptée à votre projet de rénovation ou de construction
Toutes les cloisons SAD ne se valent pas, et un mauvais choix peut ruiner vos objectifs d’isolation phonique ou de sécurité. En partant de vos contraintes réelles (bruit, type de local, budget, épaisseur disponible), vous pouvez cibler la solution la plus pertinente. Cette section vous aide à poser les bonnes questions avant d’arbitrer entre plusieurs systèmes.
Quels critères regarder pour sélectionner votre cloison SAD sans se tromper ?
Commencez par définir les performances acoustiques minimales imposées par la réglementation ou par votre programme. En logement collectif neuf, la réglementation acoustique impose des seuils précis entre logements (DnT,A ≥ 53 dB). En rénovation, les exigences varient selon l’ampleur des travaux, mais visent généralement un affaiblissement de 40 à 50 dB entre pièces de vie.
L’épaisseur disponible est un autre critère déterminant. Une cloison SAD standard mesure entre 72 et 100 mm d’épaisseur finie. Si l’espace est contraint (couloir, salle de bains), des variantes minces existent, mais au prix d’une performance acoustique réduite. Vérifiez aussi la compatibilité avec le support (sol carrelé, plancher bois, dalle béton) et la présence de réseaux techniques (électricité, plomberie) à intégrer.
Enfin, n’oubliez pas de budgéter les accessoires : bandes résilientes, cornières métalliques, enduits spécifiques et raccords aux menuiseries. Ces éléments représentent parfois 20 à 30 % du coût total de la cloison, et leur omission génère des malfaçons ou des non-conformités.
Cloison SAD acoustique ou classique : dans quels cas viser plus de performance ?
Une cloison SAD acoustique renforcée se justifie dans plusieurs situations : séparation entre logements distincts, chambres mitoyennes en hôtel, salles de réunion adjacentes à des open spaces, ou locaux exposés à des sources de bruit importantes (salle de sport, atelier). Dans ces cas, le surcoût d’une double ossature ou d’un double parement se rentabilise par le confort d’usage et la conformité réglementaire.
À l’inverse, pour une cloison interne en maison individuelle (séparation chambre-dressing, bureau-couloir), un système standard avec simple parement suffit amplement. Le bruit transmis reste faible et l’investissement dans une solution renforcée n’apporte pas de bénéfice perceptible. L’arbitrage repose sur une analyse objective du besoin réel plutôt que sur un réflexe de surdimensionnement.
Intégrer les réseaux et réservations sans dégrader les performances de la cloison
Les passages de gaines électriques, de tuyaux de plomberie et de ventilation constituent les points faibles acoustiques les plus fréquents. Chaque percement dans une plaque de plâtre crée une fuite d’air qui réduit drastiquement l’affaiblissement phonique. Un boîtier électrique encastré sans précaution peut faire chuter de 10 dB la performance d’une cloison.
Pour éviter ce piège, anticipez les emplacements dès la conception. Utilisez des boîtiers acoustiques spécifiques ou décalez les boîtiers face à face pour éviter les transmissions directes. Les traversées de gaines doivent être rebouchées avec un mastic acrylique ou un mortier adapté, sans laisser de vide. Une coordination précoce avec l’électricien, le plombier et le chauffagiste limite les reprises coûteuses et préserve l’intégrité du système.
Mise en œuvre d’une cloison SAD : bonnes pratiques et points de vigilance

Une cloison SAD n’atteindra ses performances annoncées que si la pose respecte à la lettre le système validé par le fabricant. Les écarts de détail (jeu périphérique, fixation, traitement des joints) ont un impact direct sur l’acoustique, le feu et la durabilité. Cette partie reprend les grandes étapes de mise en œuvre et les erreurs classiques à éviter.
Préparer le support, tracer et poser l’ossature métallique étape par étape
La pose débute par un tracé précis au sol et au plafond, matérialisé au cordeau bleu ou au laser. Ce tracé détermine l’alignement final de la cloison et doit tenir compte des réservations (portes, passages de gaines). Les rails horizontaux sont ensuite fixés avec des chevilles adaptées au support (béton, bois, acier) en respectant l’entraxe de fixation préconisé (généralement 60 cm maximum).
Les montants verticaux s’insèrent dans les rails, en vérifiant leur verticalité à la règle et au niveau. L’entraxe standard de 60 cm peut être réduit à 40 cm pour améliorer la rigidité ou faciliter la fixation de charges lourdes. Chaque montant doit être solidement clipsé ou vissé aux rails, sans jeu latéral qui favoriserait les vibrations et les transmissions sonores.
Pose des plaques, isolant et traitement des joints pour garantir l’acoustique
Les plaques de plâtre se vissent sur l’ossature en quinconce, c’est-à-dire en décalant les joints verticaux d’un panneau à l’autre. Les vis autoperceuses sont posées tous les 30 cm sur les bords et tous les 60 cm en partie courante, en prenant soin de ne pas casser la plaque. L’isolant acoustique (laine minérale) se glisse dans l’ossature avant la fermeture du second parement, sans compression excessive qui réduirait son efficacité.
Le traitement des joints est une étape critique souvent bâclée. Appliquez une première couche d’enduit, posez la bande de calicot ou papier micro-perforé, puis recouvrez d’une seconde couche d’enduit. Après séchage, poncez et appliquez une couche de finition. Les joints mal exécutés se fissurent rapidement et laissent passer l’air, réduisant l’affaiblissement acoustique de plusieurs décibels.
Comment éviter les ponts phoniques et les faiblesses autour des raccordements ?
Les raccordements aux planchers, plafonds, cloisons perpendiculaires et menuiseries sont des zones sensibles où les transmissions latérales court-circuitent l’isolement de la cloison. Pour limiter ces fuites, interposez des bandes résilientes entre les rails et les supports rigides. Ces bandes en mousse ou caoutchouc absorbent les vibrations et découplent mécaniquement la cloison du gros œuvre.
Aux jonctions avec les huisseries de porte, laissez un jeu de 5 à 10 mm comblé par un mastic acrylique souple. Ce joint élastique assure l’étanchéité acoustique tout en permettant les mouvements différentiels entre la cloison et le bâti. Une erreur classique consiste à bloquer rigidement la cloison contre le dormant, créant un pont phonique direct qui annule une grande partie de l’effort d’isolation.
Une anecdote fréquente sur chantier : un plaquiste expérimenté raconte avoir constaté une chute de performance de 8 dB sur une cloison SAD entre deux chambres d’hôtel, simplement parce qu’un boîtier électrique avait été percé en vis-à-vis sans rebouchage ni décalage. Ce type de malfaçon invisible à l’œil nu explique pourquoi les performances réelles sur site s’écartent parfois des valeurs annoncées en laboratoire.
Réglementation, documents techniques et entretien des cloisons SAD dans le temps
Les cloisons SAD s’inscrivent dans un cadre normatif précis, avec des performances contrôlées et documentées. Au-delà de la pose, leur pérennité dépend aussi des usages, des charges fixées et des modifications ultérieures. Cette dernière partie vous donne les repères pour rester conforme et préserver les qualités de vos cloisons sur la durée.
Quels textes et documents consulter pour une cloison SAD conforme et assurantielle ?
Les performances et conditions d’emploi des cloisons SAD sont détaillées dans les Avis Techniques ou DTA (Document Technique d’Application) délivrés par le CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment). Ces documents précisent les configurations validées, les domaines d’emploi et les modalités de pose. Consultez systématiquement l’Avis Technique correspondant au système choisi avant de rédiger votre CCTP ou de passer commande.
Le DTU 25.41 (ouvrages en plaques de plâtre) et le DTU 25.42 (ouvrages de doublage et habillage en complexes et sandwiches) encadrent les règles de l’art pour la mise en œuvre. En complément, la réglementation acoustique (arrêté du 30 juin 1999 pour le neuf, arrêté du 25 avril 2003 pour la rénovation) fixe les seuils d’isolement à respecter entre logements ou entre pièces sensibles.
Conservez soigneusement ces documents, ainsi que les plans de repérage des cloisons et des renforts. Ils sont précieux en cas de contrôle réglementaire, de sinistre avec votre assurance, ou de future rénovation nécessitant de percer ou modifier les cloisons sans dégrader leurs performances.
Charges suspendues, perçages et modifications : jusqu’où peut-on aller ensuite ?
Les cloisons SAD ont des capacités de reprise de charges clairement définies. Pour une fixation ponctuelle (tableau, étagère légère), une cheville Molly classique suffit et accepte jusqu’à 15 kg. Pour des charges plus importantes (meuble de cuisine, radiateur), il faut prévoir des renforts en ossature (tasseau bois ou montant métallique supplémentaire) ou utiliser des chevilles spécifiques à expansion métallique.
Avant de multiplier les perçages, vérifiez les préconisations du fabricant. Un perçage tous les 10 cm peut fragiliser la structure et réduire l’affaiblissement acoustique. Si vous prévoyez des équipements lourds (télévision murale, lavabo suspendu), signalez-le dès la conception pour intégrer les renforts nécessaires dans l’ossature initiale.
Comment entretenir et faire évoluer vos cloisons sans perdre en performances ?
Une cloison SAD ne demande pas d’entretien lourd, mais quelques précautions prolongent sa durée de vie. Évitez les chocs répétés (coups de porte, déplacements de meubles) qui peuvent déformer l’ossature ou fissurer le parement. Dans les pièces humides (salle de bains, cuisine), utilisez des plaques hydrofuges (BA13H ou Placoplatre Hydro) et surveillez l’absence de condensation ou d’infiltration.
Lors d’une réorganisation des espaces, prenez le temps de vérifier l’impact acoustique et feu des modifications envisagées. Déplacer une porte, créer une ouverture ou déposer un tronçon de cloison peut modifier les cheminements sonores et nécessiter des mesures compensatoires (renforcement d’une cloison adjacente, ajout d’un sas). En cas de doute, faites appel à un bureau d’études acoustique pour valider la faisabilité de votre projet sans dégrader le confort initial.
En suivant ces bonnes pratiques, votre cloison SAD conservera ses performances pendant plusieurs décennies, tout en s’adaptant aux évolutions de vos besoins. L’investissement dans une pose soignée et dans des matériaux conformes se rentabilise rapidement par le confort d’usage, la conformité réglementaire et la valorisation de votre bien immobilier.
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