Le tourisme en Dordogne reste stable en 2024, avec 4,25 millions de nuitées

Tourisme dordogne 2024, 4,25 millions de nuitées en Périgord

Le tourisme en Dordogne reste globalement stable en 2024 en matière de nuitées, mais la fréquentation progresse en nombre de visiteurs. Le territoire totalise 4,25 millions de nuitées, soit une évolution de -0,1 % par rapport à 2023. Dans le même temps, les visites augmentent de 2,4 %. Ces résultats permettent de distinguer les séjours avec hébergement des déplacements à la journée, qui participent eux aussi à l’activité touristique locale.

Les indicateurs à retenir pour le tourisme en Dordogne en 2024

Les données ne mesurent pas toutes la même réalité. Le nombre de personnes, le volume de visites et celui des nuitées doivent donc être lus séparément. Un même visiteur peut effectuer plusieurs visites, tandis qu’une nuitée correspond à la présence d’une personne hébergée sur le territoire pendant une nuit.

Infographie du tourisme en Dordogne en 2024 avec nuitées, visites, touristes et excursionnistes
Infographie du tourisme en Dordogne en 2024 avec nuitées, visites, touristes et excursionnistes
Indicateur Résultat 2024 Évolution par rapport à 2023
Nuitées touristiques 4,25 millions -0,1 %
Visites totales 10,4 millions +2,4 %
Touristes 5,32 millions +4 %
Excursionnistes 5,11 millions +1 %

La stabilité des nuitées, alors que le nombre de touristes progresse, peut correspondre à des séjours plus courts ou à une multiplication des passages sur le territoire. Pour les hébergeurs, les restaurateurs, les sites de visite et les collectivités, cette différence est concrète : une fréquentation élevée ne produit pas automatiquement un volume de nuitées équivalent.

Les touristes sont les visiteurs qui passent au moins une nuit sur place. Les excursionnistes viennent à la journée, sans nuitée. En 2024, ces deux groupes représentent des volumes presque comparables dans les flux observés. L’attractivité de la Dordogne ne se mesure donc pas uniquement à l’activité des hébergements. Les visiteurs de passage contribuent aussi aux résultats des commerces, de la restauration, des loisirs et des sites patrimoniaux.

Une clientèle française majoritaire, un international plus contrasté

La clientèle française représente 74 % des nuitées en Dordogne et progresse légèrement de 0,3 %. L’Île-de-France reste la première région émettrice, avec 24 % des nuitées françaises. Elle est suivie par la Nouvelle-Aquitaine, à 15 %, puis par l’Occitanie, à 14 %. Cette répartition associe le poids des grands bassins urbains à celui des clientèles régionales proches.

Les bassins français qui alimentent les séjours

À l’échelle départementale, la Haute-Garonne représente 6 % des nuitées françaises, malgré un recul de 4 %. Paris pèse 5 % et progresse de 2,5 %, tandis que la Gironde atteint également 5 %. Ces écarts donnent aux professionnels des repères pour ajuster leurs campagnes de communication, leurs partenariats de transport ou leur programmation hors saison. Une clientèle proche ne répond pas forcément aux mêmes offres ni au même calendrier qu’une clientèle francilienne.

Cinq nationalités concentrent 65 % des nuitées étrangères

La clientèle internationale représente 26 % des nuitées et recule de 1,3 %. Les marchés étrangers restent concentrés : les Pays-Bas comptent pour 24 % des nuitées étrangères, devant le Royaume-Uni avec 15 %, la Belgique avec 11 %, l’Allemagne avec 8 % et l’Espagne avec 7 %.

  • Pays-Bas : 24 % des nuitées étrangères, en baisse de 4,5 %.
  • Royaume-Uni : 15 %, en recul de 14 %.
  • Belgique : 11 %, en hausse de 6 %.
  • Allemagne : 8 %, en baisse de 8 %.
  • Espagne : 7 %, en progression de 10 %.

Cette évolution impose de distinguer les marchés au lieu de parler d’une seule clientèle internationale. Les hausses observées en Belgique et en Espagne ne compensent pas mécaniquement les reculs enregistrés aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Allemagne. Chaque marché a un poids différent. Les résultats peuvent aussi varier selon le périmètre retenu dans les bilans sectoriels. Une comparaison n’est pertinente qu’entre des indicateurs calculés avec la même méthode.

Le hors été pèse déjà 55 % des nuitées

L’été reste la période la plus fréquentée, avec 45 % des nuitées, une part stable. Toutefois, 55 % des nuitées sont réalisées en dehors de cette saison. Le printemps en représente 25 % et l’automne 17 %, en recul d’un point. L’hiver atteint 13 % et gagne un point. Cette progression donne du poids à l’objectif d’un tourisme 4 saisons.

Le calendrier scolaire influence fortement l’activité : 65 % des nuitées sont enregistrées pendant les vacances scolaires. Les vacances de printemps, les week-ends prolongés et les ponts comptent donc autant dans le suivi de la fréquentation que le pic de juillet et août. Certains mois progressent nettement : mars affiche une hausse de 29 %, novembre de 7 % et décembre de 2 %.

Le suivi ne doit pas se limiter à l’opposition entre haute et basse saison. L’enjeu est aussi de repérer le moment où un mois habituellement calme génère suffisamment de flux pour justifier l’ouverture d’un restaurant, d’un site de visite ou d’un hébergement avec une équipe réduite. Une analyse mensuelle permet d’adapter les horaires, le recrutement saisonnier, la maintenance et les offres de court séjour avant que la demande ne se traduise pleinement dans les réservations.

La désaisonnalisation ne retire pas à l’été son rôle central. Elle répartit davantage l’activité, réduit la pression sur les capacités d’accueil et crée des occasions de valoriser la randonnée, le patrimoine, la gastronomie ou les paysages du Périgord pendant les périodes moins fréquentées.

Ce que mesure réellement Flux Vision Tourisme

Les statistiques de fréquentation reposent sur le dispositif Flux Vision Tourisme, développé par Orange avec ADN Tourisme. Il utilise des signaux anonymisés de téléphonie mobile pour identifier des présences et des déplacements sur une zone géographique. Les abonnements professionnels sont exclus du dispositif pour mieux isoler les flux de visiteurs.

Un touriste est identifié lorsqu’il séjourne sur le territoire, notamment grâce à une présence pendant la plage horaire nocturne comprise entre 0 h et 6 h, avec des critères de durée. Un excursionniste est un visiteur présent plus de deux heures sans passer la nuit sur place. Cette méthode complète les données déclaratives et les comptages réalisés dans les hébergements.

Le traitement des données est conforme au RGPD et validé par la CNIL. Le dispositif ne suit pas une personne individuellement. Il transforme des volumes de signaux anonymes en indicateurs agrégés. Pour une collectivité, un office de tourisme ou un porteur de projet, ces données servent à repérer les périodes de présence et les zones d’origine des visiteurs.

Excursionnisme et proximité : un levier territorial à ne pas sous-estimer

La Vallée de la Dordogne montre clairement le poids de la proximité. De juin à septembre, 96 % des visites y sont observées dans le Lot et la Corrèze. Chez les excursionnistes, la Dordogne représente 39,5 % des provenances départementales, devant le Lot à 24 % et la Corrèze à 19 %. Au total, 82 % des visiteurs à la journée viennent de ces trois départements voisins.

Cette géographie dessine une clientèle locale qui peut être fidélisée par des motifs de retour : événements, visites renouvelées, itinéraires thématiques, restauration et activités familiales. Elle rappelle aussi que le tourisme durable ne se limite pas aux séjours avec hébergement. Une excursion plus longue, mieux répartie dans l’année et tournée vers les acteurs locaux peut renforcer les retombées du tourisme sans dépendre uniquement de la saison estivale.

Pour approfondir les données, les professionnels peuvent consulter les publications de Dordogne Périgord Tourisme et le rapport annuel de l’Office de Tourisme Vallée de la Dordogne. Ces documents replacent les indicateurs annuels dans les réalités propres à chaque zone de destination.

Élodie Puybasset

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